Commençons d’abord par la 3e journée de mon périple, qui fût très très très très relax. D’abord je suis parti de Ignace en Ontario, environ 3 heures avant la frontière Ontario-Manitoba. Il faisait particulièrement froid, environ -25°C sans le facteur vent et vu que mon camion est muni d’une génératrice, j’ai décidé de dormir moteur arrêté. La gaffe. Je vous explique…
Le principe de la génératrice est de fournir chauffage, climatisation et électricité au camion sans que le moteur ne tourne au ralenti et le tout en consommant moins de carburant. Par le fait même, il garde les batteries chargées et le liquide de refroidissement du moteur (prestone) au chaud, ce qui aide au démarrage à froid l’hiver. Mais ça là ses limites, et sa limite je l’ai presque expérimentée..
Comme je disais plus haut, je me coucha moteur éteint par un splendide froid de -25°C… Un peu inquiet, n’ayant jamais expérimenté les limites de la dite génératrice, les premières minutes de mon sommeil fûrent toute ouïe au bruit que ferait la génératice en démarrant, espérant non seulement qu’elle démarre mais qu’elle ne s’arrête pas de la nuit! Le premier démarrage fût un peu pénible, un peu de jacassement et de «maudit qui fait frette je veux pas partir mais ma partir pareil» et le bruit doux et rassurant du ronronnement régulier fini par arriver. Pour s’éteindre 15 minutes après. Et repartir 5 minutes plus tard. Comme ça toute la nuit.
Environ 7 heures plus tard, 1 heure avant mon heure de départ prévu, je décida de démarrer le camion. Ainsi donc j’en aurai le coeur net, il prendrait le temps de se réchauffer, et si jamais il décide de ne pas démarrer le temps que le secours arrive…
Tout d’abord la génératrice fonctionnait à ce moment même: bon signe, les batteries sont chargées et pleines. Je tournes la clé à «On» puis à «Start».
Brr Brr Brr Brrr Brrrrrrr VROUMMMMMMMMM avec un espèce de crachat immensément blanc qui sorti des exhaust. Évidemment ça attira l’attention des autres camionneurs, surpris de voir que «le camion du cave de Québécois qui l’avait arrêté à démarré», moment plutôt gênant moi qui espérait passer inaperçu, surtout en caleçon en avant d’une gang de camionneur. Bah, y ont pas vu grand chose, je suis retourné me cacher assez vite. Tout ça pour dire, que le camion tourne depuis ce temps et je l’ai pas arrêter, je suis pas fou surtout que maintenant c’est des froids plus extrêmes qui s’en viennent dans quelques heures. Et 1 heure à tourner sur le «fast idle» ne fût pas de trop pour bien réchauffer le moteur et surtout son huile…
Je finis donc par partir, toujours en direction de Edmonton en Alberta. J’espérais bien me rendre à Saskatoon dans la province quasiment du même nom, Saskatchewan, mais finalement j’arrêta quelques heures à Headingley, en banlieue de Winnipeg, où je croisa Power et quelques autres québécois. Jase jase, parle parle, fuel le camion, prend une douche, mange de quoi, passe mon temps sur internet, je finis par me rendre à compte à minuit que je devrais peut-être continuer si je veux aumoins me rendre à Régina, 5 heures plus loin. Je roules seulement 2 heures de plus et je décide de me coucher à Brandon et ont finira le reste demain, un peu plus de 1200 kilomètres à faire avant dimanche matin.
Mais c’est entre Winnipeg et Brandon que j’expérimenta les températures les plus froides de ma courte expérience. Jusqu’à -33°C, sans le facteur vent, et des rafales qui me faisait valser sur la route. À cette température là, pas question de se la sortir pour arroser les pneus, trop de risque que ça se transforme en glaçon en sortant… ou qu’elle colle sur le zipper!
La 4e journée se pointa à l’horizon, avec un climat plus agréable de -23°C, mais sans vent. N’ayant plus vraiment une minute à perdre, je décide d’attaquer les derniers kilomètres avant Edmonton AB afin d’arriver le plus tôt possible et dormir une bonne nuit avant de traverser Jasper dimanche matin. Rien de bien spécial à raconter, sinon que je commençais à avoir hâte de terminer ma journée et de constater que chaque fois que j’arrive à Edmonton je me sens comme chez nous.
C’est assez bizarre comme phénomène, je me sens bien, je me sens «relax», ont dirait que je viens de finir mon voyage et que je rentre à la maison. Christian s’amuse à dire que ce sont mes gênes de redneck, je ne saurai trop dire. Force est de constater que ce périple en solitaire me fait prendre conscience que le «solo» me manque, que j’aime définitivement les grands voyages en solitaire et que je serais heureux de faire ce type de trajet. Bientôt deux ans que j’ai quitter ce «monde» pour les voyages en équipe, et bien que j’ai eu de supers coéquipiers des plus sympathiques, de très bons moments, des fous rires incroyables, j’admets que j’ai le goût de retourner faire du solo, être tout seul dans «mon truck», dormir «arrêter» la nuit mais en même temps, je déteste me chercher une place tard le soir et courir comme un fou et faire des heures de malade sans dormir. Le juste milieu n’existe pas, mais honnêtement, même les mauvais côtés finissent par me manquer…
Tu dis: “je déteste me chercher une place tard le soir et courir comme un fou et faire des heures de malade sans dormir. Le juste milieu n’existe pas, mais honnêtement, même les mauvais côtés finissent par me manquer…”
Je réponds: ces temps-ci, chercher une place pour le dodo n’existe plus: trop peu de camion en circulation; j’ajoute: si tu raye les Junkyards de ton existence, tu ne passes plus des heures à tourner en rond pour finalement te dire que le stationnement à été conçu pour des remorques de 45 pieds (et encore…).
Aussi, tu es toujours le seul maitre à bord de ton bolide. Si tu choisis de rouler en fou, c’est juste de ta faute. Le répartiteur dit bien ce qu’il veut, mais le reste t’appartient. Un jour, tu auras le “ah pis d’la marde” juste assez développé pour passer de la parole aux actes. Ça m’a pris un couple d’année… Du côté de la compagnie, tu leur en moppe un ou deux, et ce n’est pas long que les suivants ont tout le temps voulu!
Personne n’a à se sentir obligé de faire plus que son 11 ou 13 heures par jour, et son 70 heurs par 7 ou 8 jours…
Tu as indiqué dans l’autre message avoir trois jours et demi pour faire 3500 km (environ). Moi qui est le lent des lents, j’aurais eu le temps de me pogner l’beigne en masse!
Tu marques de très bon point Jeff et tu me fais penser de corriger le tir. Il peut être sous-entendu que j’ai été poussé par Transwest hors ce n’est pas du tout le cas, je tiens à le spécifier. J’avais en masse de temps, simplement que je me suis un peu laisser aller en ne faisant pas de si grosse journée, surtout ma 3e comme je parlais.
Ce qui «déplu» dans ce voyage ci, jusqu’à présent, c’est que je m’étais «promis» à moi-même de ne rouler que de jour: débuter ma journée vers 8-9 heures le matin et la terminer sur l’heure du souper, 21 hres au plus tard. Mais comme le monde du transport est imprévisible, le fait que ça ma pris 7 heures de chargement à tout bousculer mon plan et je me suis un peu vu forcer de rouler de nuit. Aumoins je penses pouvoir me rattraper pour le reste du voyage.
Concernant les places de stationnements la nuit, ça dépend toujours des endroits où ont se tient. Côte Est (NY, NJ, PA..) tu sais probablement comme moi que certains coins sont remplis dès 18hres le soir, bien que cela à probablement changer puisqu’il y a eu un autre phénomène majeur depuis que je suis en team, la récession américaine qui a considérablement diminuer la présence de camions dans les états américains et par conséquent la libération des truckstop qui étaient, avouons le pour certains, plus que surchargés! Probablement parce que c’est également le temps des fêtes, certains préférant de rester parmis les leurs au chaud à la maison, je n’ai eu aucune misère à me stationner chaque nuit, même à 3 ou 4 heures le matin…
Wow -33°C tu dois te geler le Q en cr….
CM: T’ose pas vraiment piser dehors, de peur que ça gèle au boute en sortant..
SALUT BOUBOU,MOI AUSSI JE SUIS DE VICTO,
J’AIMERAIS SAVOIR SI TRANS-WEST FAIT DE L’OUEST-CANADIEN,SANS PASSER PAR LES ETATE-UNIS???
OU BIEN SI TU CONNAIT D’AUTRES COMPAGNIES QU’IL LE FONT!!!!MERCI D’AVANCE ERIK…
ET BRAVO POUR TES RÉCITS DE CAMIONNAGE TRES
INTERRESSANT!!!!J’ADORE LES LIRES…..
Je suis pas tout a fait certain de bien comprendre ta question, alors voici 2 réponses.
- Lorsque nous faisons un «Canada» nous passons par le Canada, donc l’Ontario, le Manitoba, Saskatchewan, etc
- Nous descendons par la suite aux états-unis pour faire un pickup et des fois une livraison (ex: ramasse du Peat Moss en Alberta et ont le livre en Californie ou en Arizona et ensuite ont fait un pickup pour Montréal). Donc, oui, dans ce cas nous passons par les USA
Si ta plus de questions, hésite pas!
Je suis pas tout a fait certain de bien comprendre ta question, alors voici 2 réponses.
- Lorsque nous faisons un «Canada» nous passons par le Canada, donc l’Ontario, le Manitoba, Saskatchewan, etc
- Nous descendons par la suite aux états-unis pour faire un pickup et des fois une livraison (ex: ramasse du Peat Moss en Alberta et ont le livre en Californie ou en Arizona et ensuite ont fait un pickup pour Montréal). Donc, oui, dans ce cas nous passons par les USA
Si ta plus de questions, hésite pas!
Tiens, j’entendais justement parler de ça en revenant…
Quand vous partez vers l’ouest de votre pays, est-ce que vous passez par Ottawa ou par l’Abitibi? Selon ceux qui en parlaient, c’est environ 5 ou 10 miles de différences…
Votre choix?
TDLN: C’est au choix, j’ai jamais tenter par l’Abitibi…